Manuel Ruiz Vida, peintures / pinturas

Passages 2005-2007, collection du musée de Flandre, Cassel. Texte: Sandrine Vézilier 2008

10 Juin 2015 , Rédigé par Manuel Ruiz Vida Publié dans #Passages 2005-2007

Les pertes

Manuel Ruiz Vida est fasciné par la matière, insaisissable, perpétuellement en mouvement, subissant le temps qui la transforme, l’érode. Il ne prétend aucunement la dompter mais se laisse porter par elle.
Il est un alchimiste de la couleur, mixant des verts, des bleus, des blanc-gris, des noirs plus rarement des jaunes et des rouges. La succession de couches de peinture qui finalement semblent s’entremêler donne à la fois à l’oeuvre un aspect granuleux, accentuant par là même l’effet de matière, mais aussi une épaisseur. De cette stratification naît la forme. Ici ce ne sont plus des containers, entrepôts ou autres bâtiments témoins de l’ère industrielle que Manuel Ruiz Vida met en exergue, mais des blocs monolithiques qu’il intitule étrangement ou naturellement «passages». Ces stèles, aux tonalités sombres,oppressantes, sans épitaphe, vides de tout et pleines à la fois, sont écrasées par l’absence volontaire de perspective. Portes fermées à l’espoir, elles ne sont pas une fin en soi. Il faut contourner la forme, l’oublier, se perdre dans les méandres de la matière pour trouver l’insoupçonnable sursaut de vie. Les teintes gris bleus voire noires prédominantes aux premiers regards laissent entr’apercevoir des blancs éclatants chargés de lumière. Le passage, c’est la transformation d’un état à un autre, c’est le mystère de la création, c’est cette succession de peaux qui constituent l’oeuvre de Manuel Ruiz Vida. La matière est l’essence même de la vie. Pas étonnant alors que l’artiste sciemment ou inconsciemment ait eu recours à des radiographies comme support. Translucides mais accrochant la matière, souples et rigides, vouées peut-être à la disparition, elles témoignent de cette quête incessante de l’artiste à dépasser les tensions, à défier le temps, à révéler le beau, le vrai, l’essentiel. Ces seize petits formats se caractérisent à la fois par leur unicité et par leur disparité. Vues de manière collective, ces stèles deviennent cimetières et évoquent par leur alignement rectiligne ceux de la Première Guerre mondiale. à l’instar des tombes des soldats anonymes qui se sont sacrifiés pour leur pays, elles demeurent nues, sans aucune inscription, laissant place au cheminement personnel de chaque regard.

Copyright: Sandrine Vézilier, texte du catalogue de l'exposition "Par sacrifice" Cassel, 2008 et du catalogue des oeuvres choisies de la collection du Musée départemental de Flandre, Cassel 2010.


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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel


 



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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel


 

 



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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel
 

 

 



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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm, c

ollection du musée de Flandre, Cassel
 

 



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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel


 

 

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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel


 

 

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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel

 

 


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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel


 

 


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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel



 

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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel

 

 


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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel

 

 


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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel
 

 

 


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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel
 

 

 

 

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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel

 

 


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Passage, 2005/ 2007 huile et laque sur radiographie 14, 5 X 10, 5 cm,

collection du musée de Flandre, Cassel
Copyright: M. Ruiz Vida.

 

.....Par Sacrifice, la quatrième salle, nous amène à la première guerre mondiale de 1914-1918. Cette guerre va remettre en cause la troisième frontière, géographique celle-là, entre la France et la Belgique remplacée par un front mouvant entre l’armée française du Maréchal Foch à Cassel, celle des britanniques à Saint-Omer, celle des belges à Furnes et la IVème armée allemande prête à gazer Ypres. Le bureau de Foch est reconstitué avec un téléphone de campagne (trans)portable, un masque à gaz, un obus transformé en moulin. Mais sur les murs, seize petits formats de l’artiste contemporain Manuel Ruiz Vida nous interpellent. Des radiographies médicales ont été peintes par couches superposées et entremêlées de blanc, de blanc-gris, de noir, de bleu, de vert, de rouge et même d’un peu de jaune. De cette stratification épaisse et granuleuse émergent des stèles funèbres rappelant les alignements tragiques de Vimy et de Lorette. Stèles qui sont autant de fenêtres plongeant sur le néant avec en contrepoint de couleurs.....

Texte : Jean-Marie André. Extraits de Cassel, le musée départemental de Flandre. 2010  

 

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