Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 14:13

 

 

 

 



RUIZ-VIDA-06
Beijing, 2008 / 2009
Huile et laque sur toile
200 x 250 cm




 

 

 

 

 



RUIZ-VIDA-08
Xiditou, 2008 / 2009
Huile et laque sur toile
210 x 320 cm



 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 RUIZ-VIDA-07

 Sculpture n°8, 2008 / 2009
 Huile et laque sur toile

 140 x 200 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’attraction du vide

« Sculptures » (étude de sarcophages romains)

 

 

En 2009, Manuel Ruiz Vida nourrit ses recherches sur la masse et le poids visuel de l’objet par l’observation  de sarcophages romains, à l’occasion de sa résidence d’artiste à Rome, dans l’Atelier Wicar (de la Ville de Lille).

 

La tombe antique est restituée dans une forme simplifiée. Il s’agit d’une image épurée du réel où le sarcophage est dessiné de manière allusive. Inversement, l’œuvre devient presque tactile et prend corps en fonction des résidus, des grumeaux de peinture qui apparaissent sous le lissé de laque et d’huile, recréant la surface râpeuse de la pierre et ses irrégularités naturelles. Cette confusion entre objet réel et objet peint, l’artiste la ressent lui-même. Mais plus qu’à l’aspect décoratif des frises et bas-reliefs, c’est à la béance que Manuel Ruiz Vida s’intéresse, la même béance qu’offrait à voir la bétonneuse ou le réservoir des années 2002-2005 !

 

La Sculpture n°5 représente une excavation rectangulaire noire qui ne devient visible que parce que des bords plus clairs en marquent les limites. Incliné à 90°, le sarcophage se dissocie par là des bords du tableau, lesquels autrement pourraient correspondre au format exact du tombeau qui se confondrait alors avec le rectangle peint de la toile elle-même. C’est ce qui se produit avec la Sculpture n°8 : le cénotaphe (tombeau vide) se confond exactement avec le cadre comme si la toile pouvait devenir le tombeau lui-même en raison de son format et de l’identité entre le rectangle funèbre et le rectangle pictural ! Etrange perspective par laquelle la peinture devient pierre tombale…

 

En apparence, rien de morbide dans tout ceci : il s’agit d’un rectangle de couleur qui dessine un objet vu d’au-dessus, en creux, sans fioritures. La réflexion de l’artiste s’apparente en ce cas à la recherche sur le cube de Donald Judd dont parle Georges Didi-Huberman dans Ce que nous voyons, ce qui nous regarde : «Imposer cette impérative spécificité de l’objet (…) Eliminer toute forme d’anthropomorphisme (…), redonner aux formes, aux volumes comme tels, leur puissance intrinsèque. »

 

Pourtant, le sujet choisi, celui du dernier lieu où repose le corps, ne se réduit pas à cette simple réflexion sur le volume, résumé à sa forme même. Les boîtes transparentes de Joseph Kosuth (Clear,  Empty, Glass, Box, Cube) ne sont effectivement rien d’autre que le nom qu’elles portent, des cubes de verre vides ! Mais avec le sarcophage, Manuel Ruiz Vida entre dans un autre questionnement. Bien sûr il se plaît à donner de la profondeur à l’objet comme s’il s’agissait d’une simple sculpture aux angles vifs mais, avec l’orientation souvent en diagonale de l’œuvre, et son ombre portée au sol, il amène le spectateur par son regard à pénétrer dans l’étroite fente noire. L’œil curieux cherche à voir, quelque chose qui n’existe plus, scrute les profondeurs du noir pour y déceler une quelconque présence. Là où fut contenu un corps, le spectateur ne trouve que le néant, trou vide qui, comme le précipice, appelle le regard, l’aspire. L’invitation à rejoindre ce lieu fait bien sûr penser à Montaigne, parce que « Philosopher, c’est apprendre à mourir », parce que peindre, c’est…Toutes les œuvres de Manuel Ruiz Vida, de l’usine désaffectée, de la porte de hangar définitivement fermée au sarcophage romain ouvert sur le rien, s’éloignent et se rapprochent de ce lieu où s’anéantissent les choses.

 

La peinture a toujours eu, comme une de ses missions, celle d’évoquer l’impensable fin : on songe aux descentes de croix et mises au tombeau. Devant le trou noir des  Sculptures, on se prend à penser aux bergers d’Arcadie de Poussin déchiffrant quelque chose sur un tombeau : « Et in Arcadia ego », cherchant à donner un sens à la mort. Il n’y a rien d’écrit, en revanche, dans la béance des Sculptures de Manuel Ruiz Vida, aucun sens immédiatement perceptible.

   

 

Laurence Boitel, septembre 2010.

Copyright: L. Boitel

 

 

 

 

 

 


111, sculpture n°5, 2008, 2009, huile et laque sur toile,
Sculpture n°5, 2009
huile, laque et pigment sur toile
86 x 146 cm




 

 

 

 

 

 


112,Sculpture n°-6, titre provisoire, 2008, 2009 (huile et
Sculpture n°6, 2009
huile, laque et pigment sur toile
58 x 150 cm



 

 

 

 

 

 

 

 


113, sculpture n°7, 2008, 2009 (huile et laque sur toile 9
Sculpture n°7,  2009
huile, laque et pigment sur toile
90 x 152 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 9986
Sculpture n°10, 2009 huile, laque et pigment sur toile 66 x 158 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 album-photos 9970

 Sculpture n°11, 2009 / 2010  huile, laque et pigment  sur toile  77, 5 x 118, 5 cm

 

 

 

 

 

   

 

 

   

album-photos 0555 

Sculpture n°12, 2009 / 2010 huile, laque et pigment sur toile  77, 5 x 118, 5 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 album-photos 9982

 sculpture n°13, 2009/ 2010 huile et laque sur toile 58 x 150 cm 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 0562

 Sculpture n°14, 2010 huile et laque sur toile contre-collée sur bois 90 x 178 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 9993

Sans titre, 2009 / 2010 huile, laque et pigment sur toile 160 x 240 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

115, sculpture n°9, 2008, 2009 ( huile et laque sur papier

Sculpture n°9, 2008/ 2009

huile et laque sur papier marouflé sur bois
60 x 40 cm  collection Ville de Lille 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Sans titre (titre provisoire), 2010 huile et laque sur cart

 Le précipice, 2010

 Huile et laque sur carton contre collé sur bois

 53 x 53 cm 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sombra y luz (3) 

Sculpture n°14, 2010/ 2011

huile et laque sur toile

110 x 150 cm 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

peinture

 Sombra y luz, 2010/ 2011

 huile et laque sur toile

 155, 5 x 176

 

 

 

 

 

 

 

 

                     album-photos 0559 

                     Sombra y luz n°2, 2010 / 2011

                     huile et laque sur toile contre-collée sur bois
                     178 x 123 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Piedra

 Piedra, 2010/ 2011

 huile et laque sur toile contré-collée sur bois

 91 x 178 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 9781 

Sans titre 2011; huile et laque sur toile contre- collée sur bois 42 x 42 cm

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 9792

Sans titre 2011; huile et laque sur toile contre- collée sur bois 42 x 42 cm

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 9805 

Sans titre 2011; huile et laque sur toile contre- collée sur bois 42 x 42 cm

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 9810

Sans titre 2011; huile et laque sur toile contre- collée sur bois 42 x 42 cm

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 9812 

Sans titre 2011; huile et laque sur toile contre- collée sur bois 42 x 42 cm

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 9814 

Sans titre 2011; huile et laque sur toile contre- collée sur bois 42 x 42 cm

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 9843 

Sans titre 2011; huile et laque sur toile contre- collée sur bois 42 x 42 cm

 

 

 

 

 

 

 

album-photos 9844

Sans titre 2011; huile et laque sur toile contre- collée sur bois 42 x 42 cm

 

 

 

 

 

 

 

CSC 9872 

Sans titre 2011; huile et laque sur toile contre- collée sur bois 42 x 42 cm

 

 

 

 

 

 

 

CSC 9877

Sans titre 2011; huile et laque sur toile contre- collée sur bois 42 x 42 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

copyright: M. Ruiz Vida
Photo: Jacques Quecq d'Henripret
, Manuel Ruiz Vida

Par Manuel Ruiz Vida - Publié dans : Peintures 2002/ 2009 - Communauté : Sculpture n°5, 2008- 2009
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